Ma vie avec Liberace

Quelques mois seulement après le surprenant et dérangeant Effets Secondaires, Steven Soderbergh est de retour pour un dernier tour derrière la caméra. Le réalisateur, choisit avant de prendre sa retraite, de raconter l’histoire de Liberace et de son jeune amant Scott Thorson. Présenté en ouverture de Deauville 2013, Ma Vie avec Liberace marquera-t-il vraiment les esprits ?

Ma_Vie_avec_LiberaceAvant Elvis, Elton John et Madonna, il y a eu Liberace : pianiste virtuose, artiste exubérant, bête de scène et des plateaux télévisés. Liberace affectionnait la démesure et cultivait l’excès, sur scène et hors scène. Un jour de l’été 1977, le bel et jeune Scott Thorson pénétra dans sa loge et, malgré la différence d’âge et de milieu social, les deux hommes entamèrent une liaison secrète qui allait durer cinq ans. « Ma Vie avec Liberace » narre les coulisses de cette relation orageuse, de leur rencontre au Las Vegas Hilton à leur douloureuse rupture publique.

Dès les premières images, on se dit qu’on est devant un film à part. Et cela d’autant plus, lorsque l’on sait les galères du tournage, la difficulté pour Soderbergh de sortir son film et la réticence des chaines américaines face à ce projet. Quand on sait aussi que le réalisateur de Traffic a attendu le rétablissement de Michael Douglas, Ma Vie avec Liberace prend un tout autre sens et gagne en intensité.

Pour une production TV, on est tout d’abord surpris par la liberté de ton et le côté très sulfureux du film. Ici, il sera question d’homosexualité et le sexe est bien plus que suggéré. Soderbergh fait le brillant choix du second degrés et livre un film aussi drôle que touchant sur la vie d’une des plus grandes « folles » des années 70. Dressant le portrait d’une star qui a tout compris au business et à la gestion de son image, Steven Soderbergh se moque d’une société régie par l’apparence et dans laquelle tout s’achète. Même l’amour. En ce sens, Ma Vie avec Liberace devient passionnant et très intelligent. Jouant toujours entre une légèreté apparente et une vraie gravité, Soderbergh tire les ficelles de cette comédie dramatique avec beaucoup d’élégance et une vraie main de maître.

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Malheureusement, une fois qu’on a compris la machine et les rouages du film, Ma vie avec Liberace commence à tourner en rond. Déjà parce que l’histoire d’amour entre Liberace et Scott ne crève pas l’écran et qu’on a du mal à comprendre les motivations des deux personnages qui semblent tous deux entrainés par une force invisible. Pas d’amour transcendant donc ni de passion entre les deux hommes pour un sentiment bizarre côté spectateur d’être devant une nouvelle escroquerie du « Star System ».

De même on reprochera au film de ne jamais vraiment décoller et de manquer d’ingéniosité du point de vue narratif. On reste un peu froid, un peu en dehors en se demandant quand Ma vie avec Liberace va vraiment commencer. Pas beaucoup de dynamisme et un vrai problème de rythme dans ce long métrage qui manque en plus cruellement d’émotions. On a du mal à s’attacher aux personnages assez antipathiques et à ressentir la moindre émotion devant ce show. On aurait sans doute aimé une descente aux enfers plus cruelle, ou un tournant plus glauque de la part de Soderbergh qui reste bien en surface et aborde beaucoup de sujets sans jamais s’attarder.

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Bien sur on retiendra la performance des deux acteurs. Michael Douglas évidemment, à mille lieux de son image de mal dominant et viril mais qui cabotine un peu et se facilite la vie dans une caricature de l’homo avec un grand H. Mais c’est surtout Matt Damon qu’on retiendra. Plus dans la mesure et toujours juste, l’acteur américain se renouvèle complètement avec ce rôle. Ma vie avec Liberace n’aurait sans doute pas eu autant d’impacts sans ces deux grands acteurs.

Même si on regrette un manque d’émotions et une narration bien trop plate, Ma vie avec Liberace est à voir pour son parti pris audacieux et son duo d’acteurs qu’on ne verra plus jamais comme avant.

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Marine

" J'ai toujours rêvé de faire du cinéma. Comment vous êtes entré dans le cinéma ? C'est pasque je connais l'ouvreuse... " @Marine2MP

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  • http://delicesdeminie.blogspot.fr/ Délices de Minie

    Je n’ai finalement pas pu aller le voir mais dès qu’il sera dispo en DVD, je le regarde. La bande annonce m’a donné envie, j’aime beaucoup Matt Damon et ce rôle change totalement de ce qu’il fait d’habitude :)

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    Je n’ai finalement pas pu aller le voir mais dès qu’il sera dispo en DVD, je le regarde. La bande annonce m’a donné envie, j’aime beaucoup Matt Damon et ce rôle change totalement de ce qu’il fait d’habitude :)


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