Les amants du Texas

Pour son premier film derrière la caméra, David Lowery choisit comme décors le Texas pour nous raconter une histoire d’amour à la Bonnie & Clyde. Si certains voient en lui le nouveau Malick, d’autres ce seront ennuyés ferme devant ce western romanesque. Qu’en est-il alors ?

Bob et Ruth s’aiment, envers et contre tout. Et surtout contre la loi. Un jour, un braquage tourne mal et les deux amants sont pris dans une fusillade. Quand Bob est emmené par la police, Ruth a tout juste le temps de lui annoncer qu’elle est enceinte. Dès lors, Bob n’aura qu’une obsession : s’échapper de prison pour rejoindre sa femme et son enfant.

Mais quand il y parvient, quatre ans plus tard, le rêve correspond mal à la réalité. En fuite, poursuivi par la police et par les membres d’un gang, Bob peine à rétablir le lien avec sa famille. Ruth est devenue mère et elle ne veut pas d’une vie de cavale : courtisée par un policier attentionné, la jeune femme devra choisir entre le passé et l’avenir.

L’idée de départ était bien séduisante. Alors qu’on croit s’attendre à une histoire d’amour racontée linéairement, David Lowery choisit de commencer par la séparation des deux amants. L’affiche est équivoque, l’histoire commence à partir du moment ou Bob et Ruth sont arrêtés par la police. Toute la difficulté était alors là. Rendre vivante cette histoire d’amour alors qu’à l’écran les deux amoureux sont toujours séparés. Si Ruth comble comme elle peut sa maternité et l’absence de son homme, Bob cherche par tous les moyens à réunir sa famille à nouveau. Et comme par enchantement le miracle est là. Par le biais de quelques flashbacks et surtout par la capacité du réalisateur à montrer le manque, leur amour nous saute aux yeux. On se prend alors de passion pour ce gentil briguant et d’affection pour cette maman seule. On y croit dur comme fer et on attend avec beaucoup d’espoir que les deux se retrouvent.

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Si cette histoire d’amour nous frappe autant c’est surtout grâce à la photo du film qui rend Les Amants du Texas absolument fascinant. On se croirait chez Malick quand Lowery tient la caméra et nous filme sans doute certains des plus beaux plans de l’année. On est alors enivré, prêt à s’envoler, tout étant réuni pour le faire.

Pourtant on attendra l’envol, on y croyait et on restera malheureusement sur notre faim. Comme chez son mentor, le rythme est lent et il est alors très difficile de rentrer définitivement dans l’histoire. On attend qu’il se passe quelque chose, que quelque chose dégénère ou s’accélère et pourtant rien ne vient. La tension générée par les retrouvailles ou non du couple ne nous aidant pas à sortir d’une certaine torpeur que dégage le film.

Impossible de vous dire là où les Amants du Texas a manqué le coche. Ce n’est nullement la faute des acteurs qui prennent magnifiquement la lumière. Casey Affleck n’étant pas sans rappeler ici un certain Robert Ford qui nous avait complètement envouté dans le film d’Andrew Dominik. Rooney Mara est d’une beauté magnétique et parvient donner à ce film le charme nécessaire. Le couple fonctionnant d’ailleurs très bien à l’écran.

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Difficile alors d’avoir un avis bien tranché sur ce film qui continue d’obséder longtemps après le générique de fin. Il aurait sans doute fallu un petit supplément d’âme pour faire décoller le tout mais pour un premier film, David Lowery a plus que fait ses preuves. Affaire à suivre donc !

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Marine

" J'ai toujours rêvé de faire du cinéma. Comment vous êtes entré dans le cinéma ? C'est pasque je connais l'ouvreuse... " @Marine2MP

  • Celia Marinaro

    je n’ai pas du tout entendu parler de ce film, mais apparement, il semble plutot bien !

  • Celia Marinaro

    je n’ai pas du tout entendu parler de ce film, mais apparement, il semble plutot bien !


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