J. Edgar

Après le très moyen Au-Delà, Clint Eastwood revient avec un biopic sur une des figures les plus énigmatiques du 20ème siècle, J.Edgar Hoover. Avec un Dicaprio en tête d’affiche on pouvait s’attendre à un grand film. Hélas, la magie Eastwood ne semble plus opérer malgré un jeu d’acteur et une histoire fascinante.

Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, J. Edgar Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie.

Clint Eastwood semble ne plus pouvoir arrêter de tourner ! A presque 72 ans, le mythique interprète de l’Inspecteur Harry enchaine les longs métrages et parvient à nous proposer un film chaque année. Et si on adore Eastwood réalisateur depuis Mystic River, il faut avouer que depuis Gran Torino on est un peu sceptique … Alors on attend de voir le retour avec un grand R d’Eastwood. Et quand on voit Leonardo DiCaprio à l’affiche de son nouveau film, on se dit que deux génies ensemble ne peuvent pas décevoir.

J. Edgar est d’abord une merveilleuse façon d’appréhender l’histoire. En mettant en lumière une des figures les plus charismatiques du XXème siècle quelque peu oubliée des manuels d’histoire, Clint Eastwood nous instruit. Grâce à son film, on connait un peu mieux J. Edgar Hoover, sa vie et son apport au FBI. Sur le plan purement historique, J. Edgar est une pure réussite et la mise en scène d’Eastwood nous permet de rester éveiller du début à la fin. Grâce à des flashbacks très bien utilisés, le réalisateur parvient à donner au film un réel dynamisme qui manque souvent au biopic historique. Ainsi, l’histoire devient fascinante.

Là où Clint Eastwood fait des merveilles c’est quand il se concentre sur l’ambiguïté et l’identité sexuelle de son héros. Homme respecté, J.Edgar Hoover tente de se battre jusqu’à la fin contre son homosexualité. Et l’ambivalence des sentiments de J. Edgar, sa colère, son acharnement et sa peine sont parfaitement exploités. Luttant contre ses désirs pour rester dans la norme, J. Edgar Hoover doit faire face en plus à une mère autoritaire et à une pression sociale énorme. C’est dans ce combat perdu d’avance que J. Edgar prend tout son sens, dans l’avènement et la chute d’un homme ambitieux. Et pour incarner ce héros ambivalent, Clint Eastwood choisit Leonardo DiCaprio. Comme à son habitude il est parfait et le travail de vieillissement est absolument incroyable. Mais bizarrement une chose frappe : Di Caprio n’en ferait-il pas un peu trop ? Durant 2h15, on a l’impression d’assister à un Show DiCaprio. Sous les traits de J.Edgar Hoover, on croit voir l’ambitieux et arrogant Frank Abagnale Jr, l’instable Frank Wheeler, l’obstiné Teddy Daniels et le charismatique Dom Cobb… Alors bien sur, on aime l’acteur mais pour une fois on a le sentiment qu’il surjoue un peu. Peut-être a-t-il senti qu’un rôle dans un biopic lui ouvrirait la porte des Oscars ?

Si J. Edgar est captivant sur bien des plans, impossible de nier qu’il manque quelque chose. Clint Eastwood qui nous avait habitué à de l’émotion finement menée semble avoir perdu la recette. Alors qu’on aimait les finals bouleversants de Million Dollar Baby et de Gran Torino, le film manque cruellement d’émotions. Pendant 2h15 on reste de marbre face à ce destin finalement assez tragique. On ne s’attache à rien ni à personne et on ne trouve finalement au film qu’un intérêt purement historique.

Finalement assez froid, J. Edgar se laissera regarder pour son caractère historique et pour la cruelle relation unissant J. Edgar Hoover et Clyde Tolson. Pour le reste, on attendra le vrai retour du mythique et génial Clint Eastwood.

M.& A

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