Comment tuer son Boss ?

Un casting d’enfer, une histoire originale et plutôt amusante, “Comment tuer son Boss” avait tout pour être une très bonne comédie américaine. Du moins, nous pouvions en attendre beaucoup… Autant le dire tout de suite, c’est plutôt râté.

Pour Nick, Kurt et Dale, la seule chose qui pourrait rendre le travail quotidien plus tolérable serait de réduire en poussière leurs intolérables patrons. Démissionner étant exclu, les trois copains échafaudent, avec l’aide de quelques verres de trop et les conseils douteux d’un ancien détenu, un plan quelque peu alambiqué, mais infaillible, pour se débarrasser de leurs employeurs respectifs… définitivement. Il n’y a qu’un problème : les plans les plus infaillibles ne le sont qu’autant que les cerveaux qui les ont conçus le sont.

Le film commence de façon réussi, avec ces 3 histoires croisés de Nick, Kurt et Dale totalement martyrisés par leurs patrons réspectifs. Un début prometteur qui pose les bases d’une histoire finalement très universelle : les problèmes avec son patron au travail. On découvre alors Nick, véritable souffre douleur de son patron et qui commence en nous disant que finalement pour réussir sa vie professionnelle rien de tel que de “s’écraser” face à la hiérarchie ; Dale, assistant d’une dentiste totalement nymphomane et enfin Kurt épanoui dans son travail jusqu’au jour où son patron décède et que son fils camé reprenne les reines de l’entreprise.

Une histoire originale donc et qui, bien exploitée, aurait pu s’avérer très réussie. Mais voilà, passé le premier quart du film où nous découvrons finalement les bases de l’histoire, le film retombe dans les travers des comédies américaines sans saveurs et très lourdes. La bande des trois potes est assez drôle, mais finalement très caricaturale, avec comme toujours le sage, l’idiot et le peureux. Le film bascule vite dans un Very Bad Trip bis à l’humour gras et très attendu. Alors oui, on rigole pas mal, mais c’est loin d’être transcendant. Manque d’originalité.

Le casting est loin d’être épargné. A la fin du film, on a juste envi de tuer Dale, incarné par Charlie Day qui en fait des tonnes dans son rôle d’abruti à la voix crillarde. Jason Bateman est assez bon mais finalement assez effacé et Jason Dukeikis est bien mais sans plus alors qu’on attendait tellement plus de folie de sa part !

Au final, l’intérêt du film repose sur les rôles secondaires, les patrons : en tête Kevin Spacey génial en patron psychopate et pervers. Jennifer Aniston surprend beaucoup dans son rôle d’obsedée et de perverse sexuelle, un rôle tellement loin de ses comédies à l’eau de rose ou de son rôle de Rachel dans Friends, jouissif ! Quand à Colin Farrell totalement metamorphosé, il est un peu moins présent et surjoue un peu, mais est terriblement drôle. Sans oublier Jamie Foxx assez hallucinant en tant qu’ancien détenu à l’intelligence assez limitée.

“Comment tuer son Boss” partait très bien, se reposant sur une histoire assez inédite et un casting détonnant. Mais il y a cette petite chose qui manque, ce grain d’originalité et de folie. Un film qu’on oubliera bien vite…

A.

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