Black Swan

Black Swan émerveille, effraye, et fascine tour à tour. Darren Aronofsky n’a pas déçu et signe là un film d’une beauté éblouissante.

Nina est une jeune soliste dans la troupe du New York City Ballet. Lorsqu’elle apprend que Thomas, le frenchie chorégraphe, souhaite monter une nouvelle version du Lac des Cygnes, et qu’il est à la recherche de sa nouvelle danseuse étoile, elle est prête à tout pour réaliser son rêve. Mais le challenge sera de taille : celle qu’il cherche devra être capable de jouer le Cygne Blanc mais aussi le Cygne Noir. Excellente danseuse, Nina peine  pourtant à interpréter le Cygne Noir… L’arrivée d’une nouvelle danseuse, Lily, va bouleverser la donne…

Après le boulversant Requiem for a Dream, l’épatant The Fontain et le vibrant The Wrestler, on attendait Darren Aronofsky au tournant. Le réalisateur américain s’était lancé dans une aventure passionnante mais à haut risque en voulant proposé sa vision du Lac des Cygnes : thème périlleux,  choix d’acteurs audacieux, fidélité au chef d’œuvre de Tchaïcovski… Dès le premier plan, on sait qu’il ne s’est pas trompé. Le film s’ouvre sur une magnifique scène de danse, qui nous plonge immédiatement dans l’univers Aronofskyen qui ne nous quittera plus. La musique, les images s’accordent parfaitement, les pointes de Nina claquent sur le parquet, on sent le vent provoqué par ses pirouettes. L’action semble si proche de nous. Il n’y a plus d’écran et nous ne sommes plus simple spectateurs.

Dès ces premières minutes, Nina nous prend avec elle, nous entraine dans sa vie, et ne nous lâchera plus jusqu’à la fin.  Oui Black Swan c’est avant tout l’histoire de Nina, une jeune danseuse qui attend son tour pour sortir des rangs de solistes. Appliquée, sérieuse, gentille, et attentionnée,  elle reste dans l’ombre priant la chance. C’est le Cygne Blanc parfait. Pourtant, au fil des jours, son travail acharné fait ressortir ses angoisses et ses peurs les plus enfouies. Sans trop savoir pourquoi, à force d’entendre qu’elle est trop « sage », trop timorée, trop appliquée, elle va doucement se laisser aller. Arrêter tout simplement d’être la fille parfaite, qui ne fait jamais de vagues. Nina est belle, séduisante, et pourtant elle semble découvrir le désir avec Thomas,  son metteur en scène ambigu et peu sympathique. Que dire de sa rencontre avec Lily, une nouvelle danseuse arrivée tout droit de L.A… Lily va la pousser à se révéler, à prendre sa vie en main, à vivre en quelque sorte. Darren Aronofsky ajoute ici une corde à son arc. Pour la première fois, il arrive à filmer la séduction, la montée du désir, et donne à son film une note très sexy qui fera pâlir les plus catholiques d’entre nous. La tension sexuelle est présente tout au long du film comme signe avant coureur de la folie de Nina.

Là ou Darren Aronosfy est très fort, c’est qu’il arrive à créer un voile autour de tous les personnages qui entourent Nina. Du coup, on ne sait plus qui croire, qui écouter. Nina est-elle victime d’un complot ou est-elle juste paranoïaque ? Thomas est il un metteur en scène voulant que sa danseuse donne le meilleur, ou est-il un grand manipulateur ? Lily est-elle tout simplement une bonne amie ou cherche-t-elle à prendre la place de Nina ? Quant à Erica, veut-elle le bien de sa fille Nina ou cherche t-elle juste à l’empêcher de vivre et de s’épanouir ? On sent que la famille cache des lourds secrets… Que les deux femmes ont traversé des épreuves et qu’il en reste des traces. Mais rien ne sera dévoilé. Le film repose donc sur cette idée : qui dit la vérité ? Comme dans Shutter Island on ne sait pas qui croire. Nina est-elle folle ou est-elle vraiment suivie dans la rue… Le monde est-il ligué contre elle ? Finalement il semblerait que le Cygne noir ait eu raison d’elle. Qu’il l’ait complétement absorbé. Puis recrachée…

Black Swan est donc, vous l’aurez compris, un grand film. Terriblement envoutant, qui monte en puissante de minutes en minutes, dont on a du mal se défaire. La musique de Tchaicovsky y est pour quelque chose. Natalie Portman est aussi magnifique qu’angoissante, elle trouve enfin un rôle à la hauteur de son immense talent, consacré cette nuit aux Goldens Globes. Darren Aronosfy signe là son plus beau film, à la fois perturbant, fascinant et magnifique.  En un mot : superbe !

M. et A.

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