Le Cercle des poètes disparus

« Le cercle des poètes disparus passant la veille sur la 3ème chaîne, elle avait écrit au correcteur sur sa trousse en daim : Carpe Diem » Bon ce n’était pas sur la troisième chaîne comme le pensait Aldebert mais plutôt sur NRJ 12 qu’était diffusé lundi soir le chef d’œuvre de Peter Weir. L’occasion pour moi de revoir un film qui m’avait bouleversé en 2004 lorsque je l’avais découvert en cours d’anglais !

Le Cercle des poètes disparus est sorti en 1989 et figure dans le top 5 des meilleurs films de cette même année, tant pour la critique que pour les spectateurs. Le film a été réalisé par Peter Weir, à qui l’ont doit les très bons Masters & Commander, The Truman Show et très dernièrement Les Chemins de la Liberté (sur les écrans français depuis le 26 janvier 2011).  Le film a reçu de nombreux prix notamment le César du Meilleur film étranger en 1990. Au casting on retrouve Robin Williams (extraordinaire encore une fois) et de nombreux jeunes acteurs qui n’ont pas vraiment percé par la suite (dommage) mais qui crèvent l’écran Robert Sean Leonard, Ethan Hawke, Gale Hansen …

Le Cercle des poètes disparus est l’histoire de Todd Anderson, un jeune garçon nouvellement arrivé à l’académie pour garçon de Welton, une école américaine réputée très austère et répressive. Il va faire la rencontre de son colocataire, Neil Perry et de ses amis, tous avides de liberté, refusant de son conformer aux codes de l’école. La nouvelle année à Welton est aussi marquée par l’arrivée d’un nouveau professeur de littérature anglaise, M. Keating. M. Keating propose une approche très originale de la littérature anglaise à ses élèves qui vont en faire très vite un maître à penser. M. Keating en encourageant le refus du conformisme et l’épanouissement des personnalités, va sans le savoir bouleverser la vie de ses élèves.

M. Keating est le professeur que nous aimerions tous avoir. Fini les cours où l’on s’ennuie à mourir. Dans sa classe, on déchire les pages de livres où est définie la poésie comme une vulgaire science, on apprend la sonorité des poèmes en marchant dans la cour, on récite des vers en jouant au football… Voilà clairement un professeur qui a tout compris à l’enseignement! Pour ces élèves, habitués à la dureté, aux conformismes, et à la répression, c’est l’occasion rêvée de s’émanciper enfin. Grâce au professeur ils vont enfin pouvoir affirmer leur personnalité sous la devise « Carpe Diem »: Profite du jour présent. Pour Neil, il sera question de théâtre pour les autres garçons il sera plus question de filles … Presque par hasard, les garçons vont découvrir l’existence du Cercle des poètes disparus, un « club » de poésie clandestin dont les rassemblements avaient lieu dans une grotte à quelques kilomètres de l’école, qu’avait crée M.Keating lors de ses études à Welton. Ils décident de le reformer. Leur désir de libération et de contestation du système scolaire va très vite dépassé le cadre du club. Neil et Charlie (alias Nuwanda) vont même oublier toute raison et n’agir qu’en suivant leur cœur. Ce qui leur sera fatal pour l’un comme pour l’autre…

Le film de Peter Weir nous fait d’emblée  penser au Wall des Pink Floyd. Univers pensionnaire ultra sévère où les punitions sont des fessés, où la liberté de pensé n’est pas de mise, et où les enfants sont plus considérés comme de la chaire à canon que comme des êtres dotés de raison. Une école très stricte dont l’ambition est de formater les jeunes gens. Bien sur la comparaison avec The Wall s’arrête là… On pense aussi à Virgin Suicide, tant le film montre très justement le mal-être de jeunes adolescents avides de liberté, confronté à la dureté du monde adulte, incompris. Neil représente parfaitement cette dualité entre la volonté de vivre sa vie et celle de satisfaire ses parents. Celui-ci choisira de réaliser son rêve quoi qu’en pense son père… La scène de la représentation de Songe d’une nuit d’été de W. Shakespeare est d’une justesse implacable qui renforce le pouvoir poétique du film. La suite n’est qu’un enchaînement d’évènements dramatiques.

Ce qui est le plus réussi dans ce film, c’est sa fin. Dès la sortie du théâtre et jusqu’au générique de fin, la charge émotionnelle du film atteint des sommets. La larme pas loin, la gorge nouée, on a nous aussi envie de monter sur une table et de crier Capitaine Oh mon Capitaine face à tant d’injustices et d’incompréhension. Le film se concentre à nouveau sur Todd avec qui tout a commencé, qu’on avait presque un peu oublié face au charisme de Neil. Todd s’est en fait un peu nous spectateur, un peu timide, suiveur, dégoutté par l’injustice qui l’entoure, mais qui doit se taire et continuer d’avancer.

Le Cercle des poètes disparus est un beau film. Drôle et touchant d’une part, profondément émouvant et révoltant d’autre part. Un film qui vous fera sourire, pleurer (beaucoup pour ma part, mais je suis faible aussi) mais qui vous fera surtout vous poser une question existentielle: Jusqu’où doit-on aller pour faire vivre nos rêves ?

M.

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2MuchPoney

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    tres interessant, merci

  • Patrice Lucquiaud

    Adieu mon Capitaine !…
    Les poètes ne disparaissent vraiment jamais, car vous, Monsieur Keating, savez les faire resurgir avec brio !…

  • Patrice Lucquiaud

    Adieu mon Capitaine !…
    Les poètes ne disparaissent vraiment jamais, car vous, Monsieur Keating, savez les faire resurgir avec brio !…


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