Au-delà

Après le très pâle Invictus, Clint Eastwood revient avec un film très décevant mais pas désagréable au final.

Clint Eastwood est sans aucun doute l’un des plus grand cinéaste de tout les temps. En plus d’avoir été une icône des grands westerns de Sergio Leone dans les années 60, il réussit le pari fou d’être toujours dans l’actualité 40 ans plus tard. Depuis qu’il est passé derrière la caméra, Clint le formidable, nous a concocté des petits bijoux qui figurent forcement dans notre DVDthèque idéal : Impitoyable, Minuit dans le jardin du bien et du mal, Mystic River (mon préféré), Million Dollar Baby, L’échange, et le fabuleux Gran Torino pour n’en citer que quelques un.

Depuis Invictus, un peu en dessous de ces précédents, on attendait impatiemment le nouveau film de Clint Eastwood. Au casting, on retrouve Matt Damon déjà à l’affiche d’Invictus, et Cécile De France la plus française des belges.

Au delà c’est l’histoire de trois personnages hantés par la mort et les interrogations qu’elle soulève. Marie, une journaliste française fait « l’expérience de la mort » lors du Tsunami de 2004 et ne peut pas arrêter d’y penser. Marcus, un jeune londonien, vient de perdre un être très cher et se met en quête de réponse sur la mort. Quant à Georges il possède le don de communiquer avec les personnes disparues… Don qu’il voit plutôt comme une malédiction l’empêchant de mener une vie normale. Ces trois personnes cherchent à percer le mystère de l’Au-delà. Et vont finir par se croiser…

Vous l’aurez compris, le nouveau film de Clint Eastwood n’a rien de drôle, la mort planant tout au long du film. Et dès les premières images, Clint plante le décors. 24 décembre 2004, une vague géante s’abat sur une ville côtière au cœur du  Sri Lanka. Des morts, une ville entière détruite… Comme à son habitude, Clint Eastwood nous prend aux tripes. Sentiment qui nous habitera tout au long du film De ce début morbide, au spectacle insoutenable des deux jumeaux londoniens propulsés dans la vie adulte pour faire face à une mère junkie, en passant par un défilé de gens endeuillés demandant de l’aide, tout y passe ! Le malheur, la mort, la solitude, sont très exploités dans le film. Peut être un peu trop… Oui, parce qu’on sait que Clint Eastwood est très fort pour tirer sur la corde sensible mais il nous avait habitué à un peu plus de finesse et de subtilité. Dans Au-delà, tout est horrible. Sauf peut être la fin qui contraste bien trop avec le reste du film. Clint Eastwood n’arrive pas une seule fois à nous sortir de ce pathos. On est obligé d’être touché par le film par peur de se voir cataloguer en être insensible.

Passé la lourdeur du ton, il faut noter que Au-delà n’est pas un mauvais film. Clint Eastwood fait parti de ces réalisateurs qui peuvent se planter sans pour autant nous livrer un film irregardable.

D’abord parce que le sujet traité est ultra intéressant. Nous avons tous pensé à la mort à un moment donné dans notre vie face à un deuil, ou simplement pour répondre à des interrogations, Clint Eastwood a réussi à en faire le sujet principal de son film. Ou vont les morts? Y a-t-il un Au-delà ? Peut-on communiquer avec les morts ? Les morts ont-ils trouvé la paix ?  Tant de questions qu’Au-delà soulève. Bien sur aucune réponse n’est apporté mais l’essentiel n’est pas là. Enfin, un film qui met en lumière ces différents thèmes de façon concrète et directe. Clint Eastwood aurait même fait de nombreuses recherches pour pouvoir réaliser ce film.

Ensuite parce que Matt Damon porte le film sur ses épaules. Il nous prouve une fois encore qu’il est un grand acteur et qu’il faudra compter sur lui dans le futur. Le jeune Gegorge MacLaren (qui interprete les jumeaux Marcus et Jason) est une véritable révélation. Là où le film pêche un peu c’est au niveau du casting français… Tout est sur-joué (mal joué même) et très maladroit.  A commencer par Cecile de France…

Malgré un grand vide scénaristique (le film tourne très vide en rond et il ne se passe au final rien) Clint Eastwood joue sur les détails et nous montre l’étendu de son talent. Oui, car c’est dans les moments anodins du quotidien que le film s’en sort le mieux. Quand Clint range les violons et arrête de parler de mort de façon directe, le film décolle enfin.

Au-delà ne peut pas être catalogué au rang des mauvais films. Même si on s’ennuie par moment, le film se laisse regarder mais on l’oublie très vite. Dommage, on s’attendait à un film plus mystique et qui nous fasse réfléchir un peu plus.

M.

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