Au bonheur des ogres

Après les Enfants de Timpelbach, Nicolas Bary décide de s’attaquer à un monument de la littérature française : Au bonheur des Ogres. Une entreprise ambitieuse, peut-être même un peu trop risquée…

Dans la tribu Malaussène, il y a quelque chose de curieux, de louche, d’anormal même diraient certains. Mais à y regarder de près, c’est le bonheur qui règne dans cette famille joyeusement bordélique dont la mère sans cesse en cavale amoureuse a éparpillé les pères de ses enfants. Pour Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel et frère aîné responsable de cette marmaille, la vie n’est jamais ennuyeuse. Mais quand les incidents surviennent partout où il passe, attirant les regards soupçonneux de la police et de ses collègues de travail, il devient rapidement vital pour le héros de trouver pourquoi, comment, et surtout qui pourrait bien lui en vouloir à ce point-là ? Benjamin Malaussène va devoir mener sa propre enquête aux côtés d’une journaliste intrépide surnommée Tante Julia pour trouver des réponses.

On doit avouer que si on en a jamais cessé d’en entendre parlé, on a jamais vraiment lu le best-seller de Pennac. Si on sait que son univers est fou et sa fantaisie sans limite, on allait quelque peu à l’aveugle découvrir Au Bonheur des Ogres. Et si le casting nous plaisait beaucoup, on avait un peu peur d’assister à un petit massacre d’une grande œuvre littéraire.

Dès les premières minutes, Nicolas Bary trouve son style. Visuellement on est fasciné, propulsé dans un monde haut en couleurs dans lequel des girafes hantent les grands magasins et où on peut être bouc-émissaire de profession. Nous qui ne connaissons pas l’histoire se laissons alors gentiment emporter par cette enquête policière pleine de fraicheur et délicatement absurde. La magie opère alors tendrement et subtilement et on se met nous aussi à croire aux histoires de Malaussène.

Débordant d’idées de mise en scène (on retiendra surtout une scène magnifique dans laquelle Benjamin et Tante Julia coupés du monde déclarent leur amour alors qu’autour tout explose) et construisant ainsi un vrai univers personnel, Nicolas Bary fait avancer son histoire et évoluer ses personnages. Et si le début nous paraissait long en misant trop sur son côté comique, on découvre petit à petit les trésors cachés du film. D’une réflexion sur les responsabilités à une peur de grandir, Au Bonheur des Ogres racontera mille histoires. Ici, une chose est sure, les adultes sont des ogres et les enfants d’innocentes victimes.  Entre les deux, ceux qui s’en sortent ont gardé des yeux d’enfants. Les autres étant avides et malhonnêtes quand ils ne sont pas de vrais salauds.

Si la dernière demi-heure nous aura vraiment ravie, il faut toutefois avouer que le niveau global du film reste très inégal. D’abord parce que Nicolas Bary ne prend pas vraiment pas partie et prend finalement peu de risques pour raconter cette histoire, du caviar sur le papier, sans la transcender vraiment. Les propos sont alors assez confus, les idées se mélangent pour un résultat sympathique oui mais pas inoubliable.

Pourtant côté casting, les éléments étaient presque tous au vert malgré des seconds rôles franchement en dessous (Mélanie Bernier,Thierry Neuvic ). Benjamin Personnaz assez convaincant dans la peau de cet adulescent à côté de ses pompes et Bérénice Bejo pleine de fraicheur apportent la touche romanesque au film. On retiendra sourtout Guillaume de Tonquédec absolument génial dans la peau du PDG véreux qui ne renonce devant rien.

Assez proche d’Amélie Poulain, Au bonheur des Ogres convainc par sa fraicheur et sa tendre poésie. Malgré des belles idées de mise en scène ici et là on aurait aimé plus d’audace pour faire définitivement la différence. Sympathique comédie décalée qui nous aura donné envie de nous plonger dans l’univers de Pennac.

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Marine

" J'ai toujours rêvé de faire du cinéma. Comment vous êtes entré dans le cinéma ? C'est pasque je connais l'ouvreuse... " @Marine2MP


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