9 mois ferme

Après le vilain en 2008, Albert Dupontel est de retour avec 9 mois ferme. L’acteur-réalisateur inclassable du cinéma français s’attaque cette fois-ci à la justice dans une comédie bien décalée avec Sandrine Kiberlain.

Ariane Felder est enceinte ! C’est d’autant plus surprenant que c’est une jeune juge aux mœurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est que d’après les tests de paternité, le père de l’enfant n’est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane, qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l’attend…

Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, une chose est sure : Albert Dupontel ne laisse personne indifférent. Son style définitivement à part et son humour bien noir en ont dérouté plus d’un en 15 ans de réalisation. 9 mois ferme était donc l’occasion unique de confirmer cette tendance ou de vérifier si Dupontel pouvait aussi séduire un public plus large. Alors verdict ?

Comme à son habitude, Albert Dupontel aime titiller et frapper là ou ça fait mal. Cette fois-ci il s’attaque à la justice en dressant un portrait bien cynique de cet univers à part. Ici, les avocats sont des abrutis quand ils ne sont pas bègues, les magistrats sont sans morale et la justice en générale par franchement reluisante. Les erreurs judiciaires vont de bon train et la présomption d’innocence n’est pas franchement respectée.  Difficile alors de regarder 9 mois ferme sans s’inquiéter de l’état actuel de notre législature tant les erreurs judiciaires semblent être fréquente dans ce monde assez nonchalant.

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Moins sombre et moins cruel que ses prédécesseurs, 9 mois ferme se savoure comme une jolie comédie. Les séances de pure comédie sont nombreuses et  feront mouche à chaque coup. Rarement on avait vu la comédie française déborder d’idées à ce point et être aussi efficace sur toute la durée du film. Et même si certains gags trop gros nous laisseront un peu de marbre par leur facilité, on retiendra de 9 mois ferme un abattement comique vraiment réussi. Certaines répliques pourraient même rentrer dans les mémoires collectives et devenir cultes. On retiendra surtout une séance de visionnage de caméra surveillance un peu particulière et un flash-info en langage des signes absolument hilarant.

Si certains s’arrêteront à l’aspect comique du film, d’autres y verront caché derrière de très belles réflexion sur la peur de la maternité, l’abandon ou encore sur l’obsession carriériste qui empêche toute vie sociale. On oubliera un peu le rire et on s’intéressera alors au fond derrière la forme et 9 mois ferme gagnera alors un peu plus en intensité.

Impossible de parler de 9 mois ferme sans mentionner la performance complètement saisissante de Sandrine Kiberlain qui révèle ici tout son potentiel comique. Elle qu’on croyait faite pour le drame ou du moins cantonnée à des seconds rôles trouve ici LE rôle qu’on espérait tous. Si on ne doutait pas de la capacité à faire rire de Dupontel, on est scotché devant le jeu de Kiberlain qui va même faire de l’ombre à son partenaire masculin ! Une petite nomination aux Césars ne serait pas volée…

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Décalé et cynique, 9 mois ferme contient tous les ingrédients d’un bon Dupontel. Moins barré et sombre qu’à l’accoutumé, ce 5ème long métrage d’Albert Dupontel est sans aucun doute le plus accessible et devrait en ce sens séduire un bien plus large public. En tout cas on l’espère !!

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Marine

" J'ai toujours rêvé de faire du cinéma. Comment vous êtes entré dans le cinéma ? C'est pasque je connais l'ouvreuse... " @Marine2MP


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